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Le plus important : des nouvelles de Joel qui est sorti des urgences hier soir. Il va bien et se repose cette semaine. Repose toi bien garçon.

"Je voudrais porter un toast au goût de la défaite ! Buvez ! Souvenez vous en, et faîtes vous la promesse de ne plus jamais y goûter" Matt Damon -Invictus

US Annecy bat RC Annecy le Vieux

Terrain d'honneur - Temps couvert - Environ 150 spectateurs

Il y a des jours où un match de rugby ressemble à un cauchemar, des jours où l'on a qu'une envie c'est que le match se termine une bonne fois pour toute, pour aller pleurer dans le vestiaire avec ses copains d'infortune.

Ces jours là tu sais déjà au bout de 10 minutes que la journée va être très compliquée. Ces jours là, plus le match avance plus ton adversaire va vite, beaucoup plus vite. Il devient au fil du match de en plus en plus gros et surtout il te fait de plus en plus mal. Et toi plus le temps avance, plus tu regardes l'horloge du grand stade qui te rappelle aussi le score que tu voudrais oublier. Foutu score qui avance aussi vite que les minutes s'egrennent. Tu cherches le regard du copain de jeu qui ne sombrerait pas, et tu ne trouves personne. Tu tentes le petit truc individuel qui de toute façon ne marchera pas, tant ce jour est maudit. Aujourd'hui le génie ne fera pas de miracle, le guerrier rendra les armes.

Tu n'oses même pas regarder les tribunes, ne pas croiser le regard de la jolie fille du lycée venue voir jouer les séduisantes brutasses de rugbymen, ne pas croiser le sourire bienveillant et trop compassionel de tes parents. Tu ne veux plus écouter la vanne de trop du type dans les tribunes qui n'a jamais mis les pieds sur un terrain et qui disserte publiquement sur les vertus de la victoire, pauvre cloche.

Quelque échauffourées pour cacher la réalité du jeu.

Encore 5 points, encore 2 points. Cette fois tout le monde a lâché, tes épaules te font trop mal. Retour au milieu du terrain en marchant, chaque seconde gagnée est une flèche en moins sur la carcasse de ton maillot. Les coachs ne disent plus rien. L'arbitre siffle c'est devenu une libération.

Mais ce n'est toujours pas fini, les plus solides craquent, le président de la FFR est venu voir un match de jeunes, il assiste à une déroute. Il est venu te saluer, ses mots sont bienveillants, ses paroles te réconfortent à peine . Après tout c'est lui le grand patron de l'équipe de France, il sait ce que c'est que la pilée, la dérouillée, il sait aussi que viendra le grand silence des vestiaires après l'humiliation. Tu serres des mains en regardant tes pompes, tête basse et coeur serré.

La douche cache les larmes pas la tristesse.

Tu remets ton maillot plus soigneusement que d'habitude dans le sac, parce que le maillot de son club le jour du "black day" prend plus de valeur que d'habitude. Avant un derby on a jamais faim, après une défaite on a soif. Passage obligé à la collation d'après match. Ce soir tu n'oublieras pas ce foutu samedi de janvier, ces matchs là comme ses plus belles victoires on ne les oubli jamais.

Viendra plus tard l'heure des comptes, la douloureuse question des parents, du frangin ou de la petite soeur "vous avez gagné ?"  Tu répondras non, puis je ne sais plus quand on te demanderas le score.

Tous les joueurs de rugby, du poussin au senior, de l'amateur à l'international, du Blossom Cherry au All Black connaissent ce jour. Aujourd'hui c'était le notre.

La clé n'est pas de savoir comment éviter ce jour, (tout le monde y passe) mais de savoir ce qu'on fait pour que ça n'arrive plus.

 

http://a403.idata.over-blog.com/208x300/4/01/26/65/Maternelle-2011/Activites-TP-PS-201110/Tchoupipleure.jpgLa tchoupi : Etienne. Parceque Etienne sait que le rugby c'est avant tout dans la tête.

http://a405.idata.over-blog.com/3/27/15/68/monticello.jpgLa Mayol : TPE : T'es Pas Excusé

 

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